Sargent

John Singer Sargent est un peintre américain, né en 1856 à Florence (Italie) et mort en 1925 à Londres. Élève de Carolus-Duran et de Léon Bonnat, il étudie à l’école des Beaux Arts de Paris. Il est un ami ou un proche de grands artistes de l’époque, comme Claude Monet, Paul Helleu, Albert Besnard, Gabriel Fauré ou encore Edmund Gosse. Sargent est particulièrement connu pour son habileté dans les portraits, caractérisés par un style sophistiqué, une virtuosité visuelle et une certaine audace théâtrale. Il réalise sur commande les portraits des hommes et des femmes les plus célèbres, riches ou puissants d’Europe ou des États-Unis, comme ceux de l’académicien Édouard Pailleron et de son épouse, Auguste Rodin, John D. Rockefeller, Robert Louis Stevenson, ou encore ceux des présidents, Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson.

Au cours de sa carrière, il créa environ 900 toiles et plus de 2 000 aquarelles, ainsi que d’innombrables croquis et dessins. Son œuvre documente ses voyages à travers le monde, de Venise au Tyrol, de Corfou au Moyen-Orient, ou encore du Montana à la Floride. Actif en France. Angleterre. Peintre de compositions à personnages, compositions religieuses, scènes de genre, figures, portraits, intérieurs, paysages, marines, peintre de compositions murales, peintre à la gouache, aquarelle, dessinateur. Impressionniste.

Il commence ses études à l’Académie de Florence, puis à Paris avec le portraitiste Carolus-Duran, de 1874 à 1878, à l’école des Beaux Arts de Paris. Il suit les cours de dessin qui comprennent l’anatomie et la perspective, et étudie également avec Léon Bonnat. Il passe beaucoup de temps à dessiner dans les musées et à peindre dans un atelier qu’il partage avec James Carroll Beckwith, qui devient son ami et est son premier contact avec le monde des artistes américains vivant à l’étranger.

L’atelier de Carolus-Duran dispense à la fois l’approche académique traditionnelle qui exige une grande rigueur dans le dessin et de la couche de fond, mais aussi le travail alla prima, au pinceau, directement sur la toile, comme le faisait Diego Velázquez. C’est une approche qui s’appuie sur un choix judicieux des tons de la peinture. Elle permet également un épanouissement spontané de la couleur, sans être lié au dessin de la sous-couche. Cet enseignement est sensiblement différent de celui de l’atelier traditionnel de Jean-Léon Gérôme, où les Américains Thomas Eakins et Julian Alden Weir étudient.

Sargent devient rapidement un élève vedette. Weir rencontre Sargent en 1874 et écrit qu’il est « l’un de ses plus talentueux camarades … ; ses dessins sont comme ceux des vieux maîtres, et sa couleur est de la même veine ». Sa maîtrise de la langue française et son grand talent font que Sargent est à la fois populaire et admiré. Grâce à son amitié avec Paul Helleu, Sargent rencontre les grandes personnalités du monde artistique de l’époque, comme Degas, Rodin, Monet et Whistler.

En 1879, âgé de 23 ans, Sargent peint le portrait de son maître Carolus-Duran ; son travail rencontre l’approbation populaire et annonce la voie qu’il suivra. Son exposition au Salon de Paris est un hommage à son professeur et une vitrine qui lui assurera des commandes. Henry James écrit à propos de cette œuvre de Sargent qu’elle offre le spectacle « un peu étrange » d’un talent qui au seuil de sa carrière n’a déjà plus rien à apprendre.

Après avoir quitté l’atelier de Carolus-Duran, en 1879 Sargent visite l’Espagne. Il y étudie les peintures de Vélazquez, avec passion, s’imprégnant de la technique du maître, et réunissant des idées, au cours de son voyage, pour de nouvelles œuvres.

Il se passionne également pour la musique et la danse espagnole qui réveillent son propre talent pour cet art. L’expression visuelle de cette passion se retrouve dans son œuvre El Jaleo (1882). La musique continuera également à jouer un rôle majeur dans sa vie sociale, en tant qu’accompagnateur de musiciens professionnels et amateurs. Sargent se fait également l’avocat des compositeurs modernes, en particulier de Gabriel Fauré. De voyages en Italie, il ramène de nombreuses esquisses et idées pour différentes peintures de scènes de rue vénitiennes qui montrent les gestes et les postures que l’on retrouvera plus tard dans ses portraits.

À son retour, Sargent reçoit rapidement plusieurs commandes de portraits. Sa carrière est lancée. Il se montre immédiatement concentré et endurant ce qui lui permettra de peindre avec acharnement pendant les vingt-cinq prochaines années. Il comble les vides entre ses différentes commandes en réalisant de nombreux portraits d’amis et de collègues. Ses manières raffinées, son français parfait et son talent font de lui une vedette parmi les nouveaux portraitistes et sa renommée s’étend rapidement. Il annonce avec confiance des prix élevés et refuse même certains clients pénibles.

Au début des années 1880, Sargent expose régulièrement au Salon de Paris, en particulier des portraits de femmes en pied, comme Madame Edouard Pailleron en 1880 et Madame Ramón Subercaseaux en 1881 qui sont toujours bien accueillis par la critique.

Les meilleurs portraits de Sargent révèlent l’individu et la personnalité de ses clients ; ses plus ardents admirateurs pensent qu’il ne peut être comparé qu’à Velázquez, qui l’influença grandement. Le maître espagnol transparaît dans les Filles d’Edward Darley Boit, de 1882, par un intérieur qui fait écho à celui de Velázquez dans Las Meninas.

Dans les années 1880, il participe à des expositions impressionnistes et commence à peindre en plein-air après sa visite à Monet. Il achète, à cette époque, pour sa collection personnelle, quatre toiles de Monet. Bien que les critiques britanniques classent Sargent parmi les impressionnistes, les impressionnistes français pensent tout autrement, comme Monet le dira plus tard, « Il n’est pas un impressionniste au sens ou nous l’entendons, il est beaucoup trop influencé par Carolus-Duran. »

Son premier voyage à New York puis à Boston en tant qu’artiste professionnel a lieu entre 1887 et 1888, période pendant laquelle il peint plus de vingt commandes, dont les portraits d’Isabella Stewart Gardner, une mécène des arts à Boston et Madame Adrian Iselin, femme d’un riche homme d’affaires de New York. À Boston, il participe à sa première exposition personnelle, présentant vingt-deux de ses œuvres.

De retour à Londres, Sargent est à nouveau très occupé. Sa méthode de travail est alors bien rodée, comme celle de nombreux maîtres du portait avant lui. Après avoir obtenu une commande, suite à des négociations qu’il mène en personne, Sargent rend visite à son client pour voir où la peinture sera accrochée puis il fait un tour de la garde robe de son client pour lui choisir une tenue adéquate. Certain portraits sont réalisés dans la demeure du client, mais le plus souvent à son atelier, bien aménagé en meubles et matériel de fond qu’il choisit pour rendre le meilleur effet. Il requiert de son client de huit ou dix séances de poses. Il entretient habituellement son client de quelque agréable conversation et s’interrompt parfois pour jouer un morceau de piano. Sargent ne fait que rarement usage de croquis, il préfère en général commencer à peindre directement à l’huile.

Sargent n’a pas d’assistant, il prépare lui-même ses toiles et vernit ses peintures, s’occupant de la photographie, des expéditions et de collecter la documentation. Il demande environ cinq mille dollars par portrait, soit l’équivalent de cent trente mille dollars actuels. Certains de ses clients américains font même le déplacement à Londres pour qu’il peigne leur portrait.

Vers 1900, Sargent est à l’apogée de sa renommée.

Entre 1900 et 1907, Sargent continue de produire à un rythme élevé, en plus de douzaines de portraits peints à l’huile, il réalise des centaines de portraits simplement dessinés qu’il vend chacun aux alentours de quatre cents dollars.

En 1907, âgé de cinquante-et-un ans, Sargent ferme officiellement son atelier.

La renommée de Sargent est alors considérable et les musées se disputent ses œuvres. Il décline le titre de chevalier, préférant rester citoyen américain. Dès 1907, Sargent abandonne la réalisation de portraits et se concentre alors sur les paysages. Il se rend fréquemment aux États-Unis lors de la dernière décennie de son existence, dont un séjour de deux ans entre 1915 et 1917.

À l’époque où Sargent termine le portrait de John D. Rockefeller, en 1917, la plupart des critiques le considèrent comme un maître du passé, « un brillant ambassadeur entre ses clients et la postérité ». Les Modernistes le traitent plus durement, le considérant comme totalement déconnecté des réalités de la vie américaine et des tendances artistiques émergentes comme le Cubisme et le Futurisme. Sargent accepte calmement la critique mais refuse de changer son opinion négative concernant l’Art moderne. Il réplique, « Ingres, Raphaël et El Greco ont maintenant toute mon admiration, ils sont ce que j’aime ». En 1925, peu avant sa mort, Sargent peint son dernier portrait, une toile représentant Grace Curzon. La peinture sera achetée en 1936 par le Currier Museum of Art de Manchester dans le New Hampshire.

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