Cassatt

Mary Stevenson Cassatt, dite Mary Cassatt est née le 22 mai 1844 en Pennsylvanie dans une famille de quatre enfants. Dès 1861, elle fait un premier voyage en Europe accompagnée de sa famille. Un mois avant ses seize ans, elle s’inscrit à l’Académie des beaux-arts de Philadelphie. Lassée très vite de l’académisme ambiant, elle exprime en pleine guerre civile américaine le désir de venir étudier la peinture en Europe. À Paris, elle donne au même âge, le coup d’envoi de la fameuse collection Havemayer en forçant Louisine à acheter un Degas premier tableau impressionniste à franchir l’Atlantique…

En 1865, elle obtient une carte de copiste au Louvre où elle peut recevoir ses amis. Son travail à Paris, notamment avec Manet, la rassure et elle rentre aux États-Unis pour prendre un atelier. Elle fera tout au long de sa vie des aller-retours au-dessus de l’Atlantique peignant des portraits de riches Américains pour vivre. En 1877, elle rejoint le mouvement impressionniste et elle fréquente le peintre Degas qui la conseille. Il dira d’elle : « Il est inadmissible qu’une femme dessine aussi bien ! » Après les succès de ses toiles et de ses eaux-fortes au salon, elle assiste à l’éclatement du mouvement impressionniste… En 1886, peintre célibataire américaine à Paris, elle aborde ce qui se révèlera le thème principal de son œuvre, la maternité. Entrer dans l’œuvre de Mary Cassatt, c’est comme entrer par effraction dans un gynécée…

En 1890, elle subit un choc artistique en voyant une exposition de pointes sèches japonaise. Aussitôt, elle se lance dans cette direction avec succès. L’élaboration d’une œuvre monumentale disparue à ce jour qu’elle peint au château de Bachivilliers dans l’Oise, lui fait découvrir la région.

En 1892, elle achète le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus. À partir de 1900, Mary Cassatt peintre désormais célèbre passe ses hivers à Paris et ses étés à Beaufresne où parfois des gens comme Pissarro, Clemenceau et Malarmé la rejoignent. Elle entreprend ensuite avec Louisine Havemeyer un tour d’Europe où elle enrichit encore la collection de son amie. À cette époque, elle est déroutée par la peinture de Picasso et estime que l’anarchie s’empare de la peinture et souhaite la crise passagère.

En 1910, elle entreprend avec son frère Gardner un voyage en Égypte qui l’épuise. Au retour, son frère meurt. Après une période de convalescence, elle retourne à Grasse en 1912 où ses entrevues avec Renoir la pousse à retravailler. Bientôt, elle aura ses premiers pastels depuis 1910. Elle travaille trop, mais doit maintenir son train de vie. Il est à noter que Mary Cassatt est une des rares femmes célibataires à vivre de son art. En 1917, elle se rend aux obsèques de Degas.

En 1923, une rétrospective de ses œuvres y compris les gravures, se monte à New York. On estime les œuvres qu’elle a réalisées à Beaufresne à un tiers de la totalité. Elle s’éteint presque aveugle à la suite d’un coma diabétique le 14 juin 1926. Mary Cassatt restera comme une éminente figure féminine de son temps, de ces femmes qui refusent les dictats de la société. Sa vie entièrement consacrée à sa passion fut semblable à ce qu’elle disait de la peinture : « Il y a deux voies pour un peintre, disait-elle : l’une large et facile, l’autre étroite et difficile… »