Caillebotte

Gustave Caillebotte est né le 19 août 1848 à Paris. Il est issu du troisième mariage de son père Martial Caillebotte avec Céleste Daufresne. Deux autres enfants naissent, René, en 1851, et Martial en 1853. Né d’un précédent mariage, leur demi-frère Alfred Caillebotte (1834-1896) est ordonné prêtre en 1858. La famille Caillebotte fit fortune dans la vente de draps aux armées de Napoléon III, la boutique nommée Le Lit militaire était installée au 152 de la rue du Faubourg Saint-Denis. En 1857, Gustave Caillebotte entre au lycée Louis-le-Grand. Il obtient en avril 1869 le « diplôme de bachelier en droit ». Durant neuf mois, Caillebotte est mobilisé lors de la guerre franco-prussienne et participe à la défense de Paris dans la Garde Mobile, mais sa famille lui paya un remplaçant, de juin 1869 à juin 1870, afin qu’il prépare sa licence en droit, qu’il obtient en juillet 1870. La même année, il entre alors l’atelier du peintre du peintre académique réputé Léon Bonnat. En mars 1873, Caillebotte est reçu 46e au concours des Beaux-Arts mais il n’y restera qu’un an. La mort de son père le 25 décembre 1874 laisse deux millions de francs en héritage à partager entre sa veuve, en troisième noce, et ses quatre enfants. Martial Caillebotte laisse plusieurs immeubles de rapport à Paris, des fermes, des obligations et surtout des titres de rente sur l’État, laissant ainsi Gustave Caillebotte à l’abri de toute contingence matérielle. Son demi-frère, l’abbé Caillebotte (curé de la nouvelle église Saint-Georges-de-La-Villette, puis de Notre-Dame de Lorette) avec cinquante mille livres de rentes, est considéré comme « le plus riche curé de Paris ». Céleste Daufresne, sa mère, conserve la propriété d’Yerres où Caillebotte peint dès 1872 de nombreuses vues de la région comme Saules au bord de l’Yerres. Cette fortune lui permet de se consacrer à sa passion pour la peinture. Gustave Caillebotte est lié à l’impressionnisme, exposant aux côtés de ces artistes, il achète certaines de leurs toiles, finance et organise les expositions du groupe impressionniste. Habitant avec son frère Martial Caillebotte (hôtel à l’angle de la rue de Miromesnil et de la rue de Lisbonne, puis au 31 boulevard Haussmann), il partage les mêmes passions (jardinage et horticulture, philatélie ou yachting) et le même cercle d’amis jusqu’en 1887, année du mariage de Martial.

En 1875, son tableau Les Raboteurs de parquet est refusé au Salon, le sujet heurtant par son extrême quotidien — c’est aujourd’hui l’une de ses plus célèbres œuvres présentée au musée d’Orsay. Éric Darragon note que « cet échec a dû heurter les convictions de l’artiste et le confirmer dans une opinion déjà acquise à la cause d’un réalisme indépendant. Il va devenir un intransigeant lui aussi et ne reviendra plus devant les jurés […] ». Ainsi, ce serait cet échec face au jury du Salon qui l’aurait poussé à exposer aux côtés des impressionnistes. Caillebotte présenta des toiles lors des expositions impressionnistes qui eurent lieu en 1876, 1877, 1879, 1880 et 1882. Le décès inattendu de son frère René Caillebotte à l’automne 1876 conduit Caillebotte, déjà persuadé, comme le note Marie-Josèphe de Balanda, qu’« on meure jeune dans notre famille », à rédiger son premier testament, chez maître Albert Courtier, notaire à Meaux, le 3 novembre 1876.

A l’automne 1878, la mère de Gustave Caillebotte décède. La propriété familiale d’Yerres est vendue en 1879.

A partir de 1886, Caillebotte peint de moins en moins. Il s’adonne à ses passions que sont le bateau et le jardinage notamment à partir de 1887, date à laquelle son frère Martial se marie. Gustave Caillebotte quitte donc l’appartement qu’ils occupaient tous les deux et s’installe définitivement au Petit-Gennevilliers, dans une demeure qu’il avait acheté vers 1880 après la vente du domaine familial d’Yerres. Caillebotte peint alors les alentours du Petit-Gennevilliers.

Le 6 février 1888, s’ouvre à Bruxelles la Ve exposition des XX, Gustave Caillebotte y est invité avec Armand Guillaumin.

Le 21 février 1894, le peintre frappé par une congestion cérébrale décède, après avoir pris froid alors qu’il travaillait dans son jardin à un paysage. Il avait quarante-six ans. Le peintre est inhumé au cimetière du père Lachaise, non loin de Delacroix. La perte de Caillebotte affecte beaucoup les impressionnistes. Ils perdent à la fois un protecteur et un compagnon. Pissarro écrit à son fils Lucien : « Nous venons de perdre un ami sincère et dévoué… En voilà un que nous pouvons pleurer, il a été bon et généreux et, ce qui ne gâte rien, un peintre de talent ».

La maison et le parc qu’il possédait à Yerres, en bordure de la rivière homonyme, sont aujourd’hui propriété communale, et le parc est ouvert au public. C’est là qu’il a peint certaines scènes de périssoires.

Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu — sauf aux États-Unis —, au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l’initiative des collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d’Orsay, à Paris.

Il a fait l’objet d’expositions montées à Houston et Brooklyn en 1976, au Grand Palais, à Paris, fin 1994, ainsi qu’à la fondation de l’Hermitage, à Lausanne, du 24 juin au 23 octobre 2005.

Une exposition consacrée aux frères Caillebotte (avec les photos originales de Martial Caillebotte) se tiendra au Musée Jacquemart-André puis au Musée National des Beaux-Arts du Québec entre mars 2011 et janvier 2012.

Les historiens d’art qualifient volontiers cet artiste « d’original et audacieux ». Son œuvre est originale par ses thèmes, notamment l’ennui et l’extrême solitude des personnages dans le nouveau Paris haussmannien, mais aussi à la campagne et au sein même du cercle familial — même dans ce cadre privilégié, les personnages semblent indifférents les uns aux autres. Son œuvre est également originale par sa technique : elle semble proche de l’art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l’horizon absent, d’où la perception instable et plongeante de ses toiles (Caillebotte invente la vue en plongée dans la peinture). Au point de vue de la finition et de la composition de ses œuvres, on peut dire que Caillebotte est à la première époque de l’impressionnisme ce que Seurat représentera pour la seconde période (néo-impressionnisme et pointillisme). Les effets de vue plongeante s’imposent dans son art à travers les personnages au balconet ses vues en surplomb des rues et des boulevards.

Contrairement aux impressionnistes qui peignent en plein air des scènes sur le vif, Caillebotte cherche aussi ses motifs à l’extérieur mais réalise des croquis, retravaille ses esquisses à l’atelier. dans les années 1890, il est influencé par le courant japoniste.

Caillebotte est l’un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd’hui nombre de ses toiles. Il est l’un des fondateurs du courant « réaliste », qu’illustrera par exemple au XXe siècle l’Américain Edward Hopper.

Fortuné, il n’a pas besoin de vendre ses toiles pour vivre, si bien que ses descendants possèdent encore près de 70% de ses œuvres. À sa mort, Martial et Auguste Renoir son exécuteur testamentaire, prennent les dispositions pour que l’État accepte le legs de ses tableaux impressionnistes.

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA. Source : Article Gustave Caillebotte de Wikipédia en français (auteurs)