Bosch

Jérôme Bosch est un peintre de la Renaissance flamande, moraliste et critique de la condition humaine. La folie humaine, la lutte du bien et du mal, le péché sont ses thèmes principaux.


Jérôme Bosch est né vers 1450 à Bois-le-Duc (‘s-Hertogenbosch), d’une famille modeste originaire d’Aix-la-Chapelle (van Aken = d’Aix-la-Chapelle), venue s’installer aux Pays-Bas deux siècles plus tôt. Son grand-père Jan van Aken et son père Anthonis van Aken ont aussi exercé le métier de peintre.

Épousant en 1478 une fille de riche aristocrate, il est accueilli comme « membre notable » par la confrérie Notre-Dame, association religieuse consacrée au culte de la Vierge, dont il devient naturellement le peintre attitré. Sa vie à Bois-le-Duc se déroule alors paisiblement entre sa femme, son atelier et la confrérie, ce qui n’empêchera pas sa renommée de s’étendre bien au-delà des frontières de son pays natal.

C’est dans ses lectures et dans l’atmosphère d’hérésie et de mysticisme régnant alors, que Bosch puise une inspiration nouvelle, qui lui fait délaisser l’iconographie traditionnelle de ses débuts, pour s’orienter vers des œuvres « sacrilèges » où le religieux se confronte au péché et à la damnation.

L’enfer se mêle au paradis, et le satirique à la morale. On y voit sa préoccupation pour l’humanité corrompue condamnée à l’enfer éternel (triptyque du Chariot de foin v. 1500, musée du Prado, Madrid) pour avoir tourné le dos à la loi divine. L’obsession du péché s’illustre dans les sept péchés capitaux (1475-80, musée du Prado, Madrid), la Nef des fous (1490-1500, musée du Louvre, Paris), le triptyque Jardin des délices terrestres, v.1503-04 (musée du Prado, Madrid), allégorie fantastique complexe, composition de personnages et d’animaux hybrides, comportant de nombreuses références à l’alchimie. Le voyage de Bosch à Venise au début du XVIe siècle, donne une nouvelle dimension à sa créativité, on remarque plus d’espace et de paysages dans Saint Jean à Pathmos (1504-05, Berlin, Gemäldegalerie), Saint Jérôme en prière (v. 1505, Gand, musée des Beaux-Arts) ou les Tentations de saint Antoine (1510, Lisbonne, musée national d’art ancien), œuvres qui montrent l’exemple de la vie des saints comme unique voie de salut.

Vers 1510 apparaît une nouvelle évolution avec les tableaux « à demi-figures », représentations de personnages à mi-corps, placés au premier plan (le Couronnement d’épines, 1510, Madrid Escorial). Bosch mourut en 1516.

Son style est caractérisé par des personnages caricaturaux issus des bestiaires du Moyen Âge, mis en scène dans des diableries. Jérôme Bosch est l’inventeur d’un style repris ensuite par plusieurs artistes, dont Bruegel l’Ancien. Il est reconnu par les surréalistes du XXe siècle comme le « maître » de leur art pendant très longtemps.

On retrouve son effigie dans Les effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.

L’analyse la plus profonde et la plus influente, mais aussi la plus contestée, de son univers fantasmagorique a été l’œuvre de l’historien de l’Art allemand Wilhelm Fraenger.

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